

Le 27 janvier dernier, LemAfriQ a eu l’honneur d’accueillir à Madrid le Professeur David Johnson, mathématicien et spécialiste en stratégie de développement, qui a donné une conférence sur le thème « Espagne-Afrique : alliances stratégique, économique et industrielle ».
Ils étaient nombreux, diaspora africaine, entrepreneurs et acteurs de la société espagnole en général, à répondre à l’invitation du Laboratoire d’Étude des Migrations Africaines (LemAfriQ). Un fructueux moment d’échanges au cours duquel les participants ont eu la possibilité de poser des questions, d’exprimer leurs opinions et d’apporter leur contribution sur le sujet. Pour cause, ce type de rencontres permet non seulement d’analyser et de faire progresser les relations et les contributions réalistes entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi facilite une meilleure sensibilisation aux risques liés à l’immigration clandestine en provenance du continent africain.
Les conférences grand public ne sont plus un secret pour le Professeur David Johnson. Ce polytechnicien, ex directeur de l’ESC Clermont-Ferrand et émérite de HEC Paris, l’a encore démotré lors de son intervention en mettant en saillie toutes les possibilités importantes en termes de rattrapage et transfert de technologie. Dans un langage accessible, il a essayé de faire comprendre qu’il y a des cycles de technologie comme il y a des cycles de vie liés à la nature humaine. Dans le cadre de ces cycles de vie l’on peut distinguer des technologies dites naissantes ou émergentes, des technologies matures et des technologies en phase de déclin. Pour lui, cette dernière catégorie, présentée comme des technologies banalisées pour lesquelles les brevets sont tombés dans le domaine public peuvent apparaître comme des technologies émergentes dans les pays en voie de développement. Il s’agit donc de pouvoir exploiter ces technologies émergentes pour résoudre les problèmes de chomage, de transfert de technologie, de l’enracinement afin d’éviter l’immigration et de la transformation des produits à valeur ajoutée.
« Des technologies banalisées pour lesquelles les brevets sont tombés dans le domaine public peuvent apparaître comme des technologies émergentes dans les pays en voie de développement »
À ce niveau, le conférencier a fait savoir qu’il y a différentes filières qui ont des enjeux et des perspectives tout à fait différentes. Par conséquent, il appelle en termes d’alliance stratégique à regarder comment les entreprises espagnoles peuvent exploiter ces niches en termes de croissance pour elles et qui pour l’Afrique correspondraient essentiellement au développement, car il y a de l’acquision de compétences et une dynamique entreprenariale. « Toute activité liée à la productivité est fonction de trois paramètres ou variables, à savoir le capital, la main d’œuvre et la technologie. Ces trois variables ont des spécificités qu’il faut exploiter », a-t-il déclaré. Notamment, quand on parle du capital il faut regarder les ressouces endogènes, la structure financière pour pouvoir financer le développement. Et il y a le volet laboral qu’il a illustré avec l’exemple de la Chine qui a fondé son développement sur l’avantage comparatif qui était la main d’œuvre. Concernant le troisième élément, celui de la technologie, il considère que l’Afrique a su faire montre, s’appuyant sur le cas du mobile money, un levier majeur d’inclusion financière initiée sur le continent, pour mitiger les problèmes de l’immigration.
« Toute activité liée à la productivité est fonction de trois paramètres ou variables, à savoir le capital, la main d’œuvre et la technologie. Ces trois variables ont des spécificités qu’il faut exploiter »
Pour terminer, le conférencier a fait savoir qu’en termes d’alliance, il y a des entreprises espagnoles qui dans le cadre de la virginité des relations avec l’Afrique, notamment au niveau de l’espace francophone, pourraient profiter des rapports non coloniaux et travailler dans le cadre de relations gagnant-gagnant. « Nous pensons que l’Afrique a des avantages pour les entreprises espagnoles dans la définition d’une alliance qui devrait permettre de résoudre leur problème de croissance et, en contrepartie, pour le continent africain de s’appropier ces savoir-faire et de s’inscrire dans une dynamique entreprenariale », a-t-il conclu.



